Poèmes portraits de la 1ère A

vendredi 1er février 2013
par  Hélène Paumier

Dans le cadre d’une étude sur la poésie, la classe de 1ère A s’est intéressée à la poésie du quotidien. Chaque élève a choisi un objet banal de sa trousse et lui a écrit une ode !

Pour cela, ils ont utilisé la contrainte inventée par Jacques Jouet, poète de l’OuLiPo, contrainte dite du "poème portrait"

Vous pouvez lire ici leur production :

Stabilo

Je vois déjà qu’il y a quelque chose entre toi et moi

Je sais que tu es allemand

Je remarque ton esthétique

Je souligne ta légèreté

J’ignore qui est la dernière personne qui t’a touché

Je pense à ta couleur bleu-vert

Je suis sûre de ne pas te perdre

Je me demande quel est ton nom

Je parie sur Stabilo

Je refuse que tu ne sois qu’un feutre

Je vois déjà qu’il y a quelque chose entre toi et moi

Mathilde

scotch

Je vois un scotch

Je sais qu’il peut coller

Je remarque qu’il est rond

Je souligne qu’il est solide

J’ignore qui l’a touché en premier

Je pense qu’il possède de nombreuses fonctions

Je suis sûr qu’il n’a pas été fabriqué en France

Je me demande si on n’a pas tué des bébés phoques pour faire cet objet

Je parie que trente pour cent de cet objet ne sert pas à scotcher quelque chose

Je refuse de refaire un pont avec

Je vois un scotch

Sylvain

Je remarque que tu es devenue vieille et sale,

Je sais que je t’ai oubliée et délaissée.

Je remarque ton prix incohérent, il est vraiment misérable.

Je souligne tout de même que tu es abandonnée.

J’ignore cependant ta provenance, je pense que je t’ai achetée dans ce restaurant ou dans un magasin, non !

Je suis sûre que je t’ai trouvée dans la rue.

Je me demande bien si tu es artisanale...

Je parie qu’il n’y a plus rien dans ma boite d’allumettes, mais je refuse qu’on la jette.

Je vois que tu es devenue vieille et sale.

Louise M.

Je vois une forme allongée aux extrémités arrondies

Je sais pourquoi elle m’accompagne

Je remarque qu’elle brille

Je souligne ses formes de mon regard

J’ignore si elle a froid mais

Je pense qu’elle est paisible

Je suis sûre qu’elle me servira toujours et

Je me demande où une cuillère peut finir ses jours

Je parie qu’elle dort, là maintenant

Je refuse de m’en débarrasser

Je vois une forme allongée aux extrémités arrondies.

Lucie

Je vois un stylo avec quatre couleurs.

Je sais qu’il est blanc et bleu avec un trait de séparation noir entre les
deux.

Je remarque pour la première fois que le bleu est aussi une des quatre
couleurs.

Je souligne que j’aurais dû m’en soucier avant. De toutes façons,

J’ignore... Quoi ? Tout et rien... Sa matière ? Ses origines ? Mais en même temps,

Je suis sûr qu’il n’en sait rien non plus !

Je me demande bien si au moins il peut savoir quelque chose...

Je parie que non ! C’est un objet et un objet ne sait et ne saura jamais
rien !

Je refuse de penser le contraire. Au fond...

Je vois un stylo avec quatre couleurs.

Quentin

Je vois un objet rectangulaire bleu et blanc,

Je sais que sa fonction est d’effacer,

Je remarque que c’est une gomme,

Je souligne qu’elle s’use lors de son utilisation,

J’ignore le lieu de sa fabrication,

Je pense qu’elle a été fabriquée en France et

Je suis sûr de l’avoir achetée à Auchan.

Je me demande quand elle sera inutilisable,

Je parie que je l’aurais encore l’année prochaine,

Je refuse d’en acheter une autre tant qu’elle sera dans ma trousse,

Je vois un objet rectangulaire bleu et blanc.

Mathias.

Je vois une forme informe

Je sais qu’elle fait erreur

je remarque qu’elle m’informe

Je souligne sa curieuse couleur

J’ignore sa laideur

Je pense à son histoire

Je refuse ensuite son rouge et noir

Je vois une forme informe

Je sais qu’elle fait erreur

Je remarque qu’elle m’informe

Je souligne sa curieuse couleur

Maxime

Je vois un bâtonnet de colle.

Je sais qu’il ne faut pas ingérer cette colle et qu’elle ne convient pas aux enfants de moins de 36 mois.

Je remarque les lignes droites et sèches de cette colle.

Je souligne la couleur vert pomme de cette colle.

J’ignore pourquoi elle est dans ma trousse, alors que je n’ai jamais de colle habituellement.

Je pense, alors, que cette colle manque à quelqu’un.

Je suis sûre que cette colle pesait dix grammes lors de son arrivée dans ma trousse.

Je me demande combien de grammes a perdu cette colle depuis qu’elle est dans ma trousse.

Je parie que cette colle finira dans une poubelle.

Je refuse, ou plutôt ma trousse refuse de laisser rentrer cette colle lorsqu’il n’y a plus de place pour elle.

Je vois un bâtonnet de colle.

Louise C.

Je vois ce petit être plutôt grand et gris au fond de ma trousse vieillie.

Je sais qu’il a des poils plutôt doux au bout.

Je remarque que c’est un pinceau.

Je souligne qu’il y a des marques sur le manche.

J’ignore pourquoi.

Je pense qu’il a rencontré malencontreusement quelque chose de plus fort que lui.

Je suis sûre qu’il s’en est pas mal sorti.

Je me demande pourquoi ses poils sont abîmés ?

Je parie qu’il a été utilisé.

Je refuse d’entendre encore plus ses cris.

Je vois ce petit être plutôt grand et gris au fond de ma trousse vieillie.

Kelly

Je vois ce briquet, toujours dans mes poches.

Je sais qu’il doit s’y ennuyer

Je remarque qu’il est toujours proche

Je souligne son élégance comme sa solidité

J’ignore ce que l’avenir lui réserve

Je suis sûr d’une chose : qu’il brillera encore.

Je me demande à quoi il sert.

Je parie que je l’égarerai ;

Je refuse cependant de l’admettre.

Je vois en lui bien plus que ce qu’il est.

Arthur

Je vois sa courbe rouge et son intérieur rond

Je sais le faire glisser entre mes doigts

Je remarque que ses reflets sont une réflexion

Je souligne ce bouchon au bout de mon bras

J’ignore ses sifflements de raideur

Je pense à ces jours de correction car

Je suis sûre que le rouge est sa couleur

Je me demande le jour où il est tombé à terre

Je parie que je ne l’aurais pas ramassé

Je refuse une fois encore de l’oublier

Je vois sa courbe rouge et son intérieur rond

Raphaëlle

Je vois un crayon dans ma trousse, se reposant.

Son existence même se résume à attendre,
A servir,

Une servitude jusqu’à la mort, jusqu’à la perte,

C’est tellement grisant !

Je sais son utilité.

Je remarque des traces de dents un peu partout sur sa surface lisse et
brillante.

Je souligne justement sa couleur :

Un rouge flamboyant.

C’est la couleur du cœur, de la douleur, de la passion.

J’ignore sa provenance,

Sans doute Made in China !

Je pense et j’écris avec lui.

Il m’accompagne dans mes Doutes- et se laisse aller au rythme torrentiel de l’inspiration.

Je suis sûre, ou plutôt je me demande si un jour je le perdrai.

Je parie que oui !

Je refuse de le perdre car je n’en ai pas d’autre.

Je vois un crayon dans ma trousse, se reposant

Son existence même se résume à l’attente,

A servir,

Une servitude jusqu’à la mort, jusqu’à la perte.

C’est tellement grisant !

Chloé

Je vois cette jolie petit gomme

Je sais qu’elle ignore sans doute comment je me nomme

Je remarque qu’elle est très usée, mais,

Je souligne que je ne peux pas m’en débarrasser

J’ignore si sa vie lui plait

Je pense qu’elle souffre à l’endroit de sa plaie

Je suis sûre qu’elle tiendra jusqu’à la fin

Je me demande si elle me trouve bon gardien

Je parie qu’elle a des chagrins

Je refuse de la marier à un Homme

Je vois cette jolie petite gomme

Lou

Je vois ce stylo usé mais encore parfaitement fonctionnel

Je sais que j’écris avec en ce moment

Je remarque une bande régulière et intacte sur le motif usé et méconnaissable

Je souligne son efficacité et sa solidité

J’ignore précisément depuis combien de temps il est en ma possession

Je pense qu’il me suivra encore un moment

Je suis sûr qu’un jour j’en changerai

Je me demande quand

Je parie que son bouchon fissuré et teinté de bleu par l’encre cassera un jour

Je refuse de le briser volontairement

Je vois ce stylo usé mais encore parfaitement fonctionnel

Lucas

Je vois ses couleurs argentées

Je sais quelle est son utilité, son importance dans un système

Je remarque ses petits défauts, insignifiants pour un fusible

Je souligne la régularité cylindrique de son corps

J’ignore s’il remplira sa fonction un jour

Je pense à son arrivée dans ma trousse, en cours de SI

Je suis sûr qu’il m’est inutile

Je me demande où il aurait pu être si je ne l’avais pas gardé

Je parie qu’il n’a pas de conscience

Je refuse de le jeter

Je vois ses couleurs argentées

Théo

Je vois les bandes-dessinées, violentes qui l’emprisonnent.

Je sais qu’elle peut s’échapper avec mon aide.

Je remarque que finalement je ne l’aide jamais.

Je le souligne : suis-je peut être dans ce cas là un ingrat ?

J’ignore si c’est le cas.

Je pense qu’elle m’en veut.

Je suis sûr qu’elle m’en veut...

Je me demande si elle ne se sentirait pas finalement bien mieux autour de cette violence.

Je parie que ... non ... je ne parie rien.

Je refuse de parier.

Je vois les bandes-dessinées, violentes qui l’emprisonnent.

Corentin

Je vois cette gomme qui est dans ma possession depuis début septembre

Je sais que tu en as marre que je te touche

Je remarque qu’à chaque fois que je t’utilise tu perds un peu de ton intimité.

Je souligne aussi ton odeur de pâte à modeler

J’ignore encore ta vrai utilité

Je pense que tu sers à m’amuser, mais

Je suis sûr que d’une chose : de ta beauté.

Je me demande pourquoi je t’ai choisie parmi tant d’autres au magasin
Je parie que c’était à cause de ta forme, ce demi-cercle incassable qui m’importe tant.

Je refuse de te céder à qui que ce soit

Je vois cette gomme qui est dans ma possession depuis début septembre.

Michael

Je vois un crayon de couleur bleu foncé

Je sais que ce crayon est "Made in France"

Je remarque que ce crayon est mal taillé

Je souligne que ce crayon n’est pas encore rance

J’ignore si ce crayon sera là dans 10 ans

Je pense que ce crayon sera surement perdu avant d’être fini

Je suis sûr que ce crayon fait un bruit agaçant

Je me demande si ce crayon luit dans la nuit

Je parie que ce crayon aura maintenant une place à part

Je refuse que ce crayon finisse dans mon bazar

Je vois un crayon de couleur bleu foncé

Maxime P.

Je vois ces ciseaux qui cisaillent

Je sais qu’ils ne vivent pas, et ils restent là dans ma trousse

Je remarque qu’on ne peut les poser qu’à plat, ils ne tiennent pas debout

Je souligne qu’ils n’avantagent personne : ils ne sont ni pour gaucher ni pour droitier

J’ignore d’où ils viennent, où ont-ils été fabriqués, ont-ils voyagé ?
Je pense mais eux non.

Je suis sûr que je ne les garderai pas toute ma vie, mais où finiront-ils ?

Je me demande depuis combien de temps ils sont dans ma trousse

Je parie que je reconnaitrais leur bruit

Je refuse de les perdre où de les casser

Je vois ces ciseaux qui cisaillent

Marc

Je vois cet objet au fond de ma trousse depuis le début de l’année.

Je sais que cet objet m’a toujours aidé.

Je remarque qu’il se compose de deux nuances de bleu et de blanc.

Je souligne qu’il est différent.

J’ignore son origine.

Je pense qu’il m’a servi à tailler plusieurs mines.

Je suis sûr qu’il m’observe souvent.

Je me demande si cela va durer longtemps.

Je parie que ce taille-crayon vient de loin.

Je refuse de ne pas en prendre soin.

Je vois cet objet au fond de ma trousse depuis le début de l’année.

Jérémy

Je vois un crayon Z4 Roller Green

Je sais qu’il vient de Chine

Je remarque des rainures blanches sur son flanc

Je souligne quelques mots importants

J’ignore qui l’a fabriqué

Je pense que ce doit être un enfant dans une usine

Je suis sûr que ses couleurs grise et noire se marient bien ensemble

Je me demande où il sera dans vingt ans

Je parie que nous serons séparés

Je refuse de le perdre pour l’instant

Je vois un crayon Z4 Roller Green

Kevin

Je vois ce bout de bois : c’est toi.

Je sais bien que tu ne peux contempler que le reflet de mon écriture

Je remarque la petite mine de ta tige

Je souligne d’un trait fin cette phrase

J’ignore tout de toi

Je pense à cette gomme qui m’as permis d’effacer mes erreurs

Je suis sûr que tu t’en rappelles aussi

Je me demande si je vais te tailler

Je parie que tu ne veux pas

Je refuse de te perdre

Je vois ce bout de bois : c’est toi.

Damien

Je vois cet objet car il se trouve devant moi

Je sais qu’il est toujours dans ma trousse, par contre

Je remarque qu’il n’est pas toujours avec moi

Je souligne sa solitude

J’ignore son attitude

Je pense qu’il est à moi, fin

Je suis sûr qu’il m’appartient

Je me demande s’il va bien mais

Je parie qu’il se cache, donc

Je refuse de l’observer longtemps. Cependant

Je vois cet objet car il se trouve devant moi...

Anouch

Je vois cette gomme sur ma table

Je sais que les traces noires sur son corps font ressortir le noir de ma trousse

Je remarque qu’elle se sent usée

Je souligne l’odeur inopinée de cet objet

J’ignore si la partie bleue est jalouse de la partie rose

Je pense qu’elle permet de nous donner une deuxième chance

Je suis sûre qu’elle se sent effacée

Je me demande si elle se sent bien ou pas

Je parie que ses points noirs la font souffrir

Je refuse de croire qu’elle ne sert à rien

Je vois cette gomme sur ma table

Alizée